Comment choisir la bonne activité parascolaire pour son enfant ?

Par Francis Allard

Un élément souvent oublié dans tout le chaos entourant la rentrée scolaire est l’inscription des enfants et des adolescents à une activité parascolaire. En effet, peu de parents ont le réflexe de prendre le temps de discuter avec leur jeune afin de discuter de leur intérêt à s’inscrire à ce type d’activité. C’est en effet un sujet qui peut se révéler complexe ! À combien d’activités nos enfants ont-ils été inscrits pour ensuite perdre tout intérêt?

Pour nous aider à mieux comprendre les bienfaits des activités parascolaires et à choisir la bonne pour votre enfant, nous avons interviewé deux chercheures se penchant sur le sujet, Éliane Thouin et Julie McCabe, doctorantes en psychoéducation et en psychologie à l’Université de Montréal. Voici l’entrevue en résumé :

 

Pour commencer, pourquoi les activités parascolaires sont-elles importantes pour les jeunes d’aujourd’hui ?

La participation aux activités parascolaires est un sujet qui intéresse de plus en plus à travers le monde. Le Ministère de l’Éducation a même récemment investi des sommes importantes afin de favoriser la participation des jeunes à ces activités afin d’augmenter la persévérance scolaire.

Pour commencer, le fait de participer à des activités parascolaires favorise le développement de relations positives avec d’autres jeunes, mais aussi avec des adultes du milieu scolaire, ce qui favorise le développement d’un sentiment d’appartenance envers l’école.

De plus, cela donne la possibilité aux jeunes de découvrir de nouveaux champs d’intérêt, de développer des compétences et de vivre des réussites à l’école. L’appréciation d’une activité parascolaire procure une source de motivation contribuant au dépassement de soi et au développement d’un sentiment de compétence et de confiance.

C’est aussi une belle occasion de renforcer les aptitudes sociales de nos enfants, que ce soit en créant des liens significatifs, en partageant des expériences de coopération et d’entraide ou en expérimentant un rôle de leader auprès de ses pairs.

J’imagine que pour obtenir ces bénéfices, il est important de choisir la bonne activité pour son enfant?

Tout à fait ! Une bonne activité parascolaire doit posséder certaines caractéristiques de base. Elles doivent offrir un contexte sécuritaire aux jeunes. Pour qu’ils s’y épanouissent, ils doivent s’y sentir respectés et rassurés.

L’activité doit également exposer nos jeunes à des valeurs ou des idéaux sociaux positifs. L’exposition à des valeurs telles que l’entraide, le respect et l’ouverture à l’autre est particulièrement bénéfique dans le développement social et émotif des enfants et adolescents !

De plus, s’ils y sont encadrés et supportés par adulte expérimenté comme en entraineur, les jeunes seront également plus portés à maintenir leur motivation et à persévérer pour atteindre les objectifs qui leur sont proposés.

Est-ce qu’il est possible qu’un type d’activité soit plus bénéfique qu’un autre ?

C’est possible, mais cela dépend de notre enfant. Il existe quatre grandes catégories d’activités parascolaires. Les dernières recherches révèlent que la participation à des activités de nature différente est susceptible d’amener des bienfaits différents.

Les activités sportives permettent de développer des capacités de persévérance et d’autorégulation émotionnelle. Elles sont également aidantes dans le développement de stratégies de résolution de problème et de gestion du temps. Ce type d’activité entraîne également une meilleure perception de soi et de son corps, élément souvent difficile au cours de l’adolescence. La participation à des activités sportives permet également le développement de meilleures compétences sociales.

Les activités artistiques ou culturelles, de leur côté, favorisent la créativité, l’imagination, l’originalité et le développement de la pensée critique. Elles favorisent aussi le développement d’un sens de l’initiative. Cependant, elles sont un petit peu moins associées à l’établissement de liens sociaux avec les autres jeunes.

Les activités de type club scolaire (club d’échecs, robotique, etc.) sont quant à elles associées à de meilleurs résultats scolaires. Elles favorisent également une plus forte valorisation de l’école.

Finalement, les activités d’implication scolaire ou sociale (comités étudiants, bénévolat) favorisent le développement d’aptitudes sociales et de coopération. Elles sont aussi associées à un plus grand capital social, donc, à l’établissement de relations positives avec d’autres jeunes.

Intéressant! Et est-ce qu’il est recommandé d’inscrire son enfant à plusieurs activités ou est-ce jugé comme trop demandant pour eux?

Il est certain que cela dépend de son horaire et de celui de la famille. Cependant, les études indiquent qu’en général, la participation à plusieurs activités parascolaires est bénéfique, car elle expose les jeunes à des contextes et à des apprentissages plus diversifiés, augmentant leurs chances de développer des habiletés différentes. Une participation diversifiée permet également de développer une plus grande connaissance de soi et une occasion de côtoyer différents groupes d’amis, offrant l’opportunité d’élargir leur réseau social !

Aussi, plus les jeunes s’investissent intensément (nombre d’heures par semaine) et sur une longue période de temps dans une activité parascolaire, plus ils ont de chances de développer des liens solides et soutenants avec des amis et avec les adultes responsables faisant partie de l’équipe-école. Aussi, s’investir pendant plusieurs années permet également d’atteindre un niveau de compétence supérieur dans un domaine, ce qui fournit des sources de motivation et un sentiment de compétence supérieur pour les jeunes.

La participation de longue durée à des activités parascolaires est également liée à de meilleures notes à l’école, à une attitude plus positive envers l’école, à des aspirations scolaires supérieures et à une plus forte probabilité de compléter des études postsecondaires.

Attention cependant à ne pas surcharger vos enfants ! Passer plus de 20 heures par semaine à participer à des activités parascolaires peut avoir des effets nuisibles sur les notes et sur l’humeur des jeunes.

 

Et qu’est-ce qu’un parent devrait faire si son jeune ne semble intéressé par aucune activité ?

Pour commencer, il est important que votre jeune soit volontaire à participer. Les écoles offrent habituellement une grande diversité d’activités, il faut suivre ce que votre enfant aime.

S’il n’est vraiment intéressé par aucune activité, pas de panique ! Les écoles sont en général très dynamiques et tiennent régulièrement des comités qui réfléchissent à bonifier l’offre d’activités parascolaires. N’hésitez pas, en tant que parent, à échanger avec l’école de votre enfant afin de leur proposer des idées. Plusieurs écoles ont mis sur pied des activités proposées par les parents par le passé !

 

Merci beaucoup à vous deux pour cette entrevue très intéressante ! Pour finir, qu’est-ce que vous aimeriez que les parents retiennent lorsque viendra le temps de choisir la bonne activité?

 

En trame de fond, ce qui est central, c’est que l’activité soit choisie par votre jeune. Il participera ainsi à une activité envers laquelle il aura une motivation et un plaisir, ce qui n’est pas nécessairement le cas lorsqu’il est en classe à l’école. Ainsi, un jeune inscrit au soccer et qui y développe une attitude positive, une discipline et un goût de dépassement de soi pourra par la suite transmettre ces apprentissages dans d’autres contextes, en français ou en mathématiques par exemple !

Sinon, il faut simplement garder en tête que l’objectif est d’augmenter leurs chances de rencontrer d’autres personnes positives et de découvrir des intérêts qui ont une chance de se développer en passions. C’est une bonne adéquation entre votre jeune et les caractéristiques de l’activité qui lui permettra de la pratiquer longtemps et d’en bénéficier autant que possible !

 

 

Éliane Thouin est étudiante au doctorat en psychoéducation à l’Université de Montréal. Elle s’intéresse aux aspects des activités parascolaires qui favorisent l’adaptation des jeunes à l’école, à la persévérance scolaire et à la prévention de la toxicomanie.

 

 Julie McCabe est étudiante au doctorat en psychologie à l’Université de Montréal. Ses travaux portent principalement sur le développement positif des adolescents, sur la persévérance scolaire et sur les éléments favorisant la bonne implantation des activités parascolaires dans les écoles.

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